La mémoire nous joue-t-elle des tours ?

Se souvenir ou oublier, quel est le plus déconcertant ? Se souvient‐on davantage des drames ou des événements heureux ? Comment un mot, une image, un paysage, une situation peuvent‐ils raviver des souvenirs ?

La mémoire est supposée enregistrer des informations venant d’expériences et d’événements divers, et conserver la capacité de les restituer. Elle permet de se figurer une chose passée et ainsi de donner une représentation présente d’une chose absente. Mais par quels mécanismes ?

Ce n’est pas si simple d’autant que les émotions influencent la mémorisation, au point de la distordre. Certains souvenirs, plus entêtés que d’autres, insistent et nous hantent, tandis que des pans entiers de notre mémoire peuvent s’effacer complètement notamment à cause de maladies neuro‐dégénératives ou de chocs. Mais tout n’est pas fixe.

Au cours d’une thérapie, des souvenirs post‐traumatiques ou « recouverts » par l’amnésie infantile ou figés en fantômes transgénérationnels, peuvent resurgir brusquement.

Si certains souvenirs ne sont pas exacts, peuvent‐ils tout de même être « vrais » ?

Dans ce cas, que nous disent‐ils ? Comment les interpréter ?

Et que penser des « faux souvenirs » ?

À chacun sa mémoire, ses mémoires.

L’écrivain, le comédien, l’artiste piochent, s’inspirent, se repèrent à partir de leur mémoire affective et de legs empruntés à la mémoire culturelle.

Celle‐ci, consignée sous formes de traces, de tatouages, d’archives ou de témoignages par les chercheurs, offre sans doute un contrepoint aux bouleversements innovants des technologies numériques.

Les historiens, les philosophes s’intéressent à une mémoire vivante qui rend le passé habitable, construisent un récit qui se fait et se défait. Travail de mémoire, face aux devoirs de mémoire et d’oubli.

Capricieuse, intermittente, la mémoire nous joue des tours, toutes sortes de tours et même de détours.

Finalement, reflète‐t‐elle notre passé, le sélectionne‐t‐elle ou l’invente‐t‐elle ?

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