Communiqué: réaction de la Cippa et de son président le professeur B.Golse à l’annonce du 4e plan autisme

La CIPPA, présidée par le professeur Bernard Golse, prend acte de la parution du 4eme plan autisme désormais intitulé stratégie autisme après de longs mois de concertations régionales et nationales. L’orientation générale de ce document va dans le bon sens avec toutes une série de mesures attendues mais donc sans réel effet de surprise. Nous regrettons toutefois l’excès de communication qui a précédé cette publication. Cet excès suscite une  déception devant le manque d’ambition et la dimension quelque peu floue de cette nouvelle stratégie.

Souligner l’importance de la recherche vaut comme une évidence, mais n’y accorder que 14 millions d’euros sur 5 ans sans insister sur le caractère transdisciplinaire de ces recherches a quelque chose de réducteur et de choquant. On s’étonne notamment de l’absence de toute référence à l’épidémiologie et aux sciences humaines. A ceci s’ajoute la déception du constat que l’idée d’un institut consacré au neurodéveloppement sur le modèle de l’institut Imagine (maladies génétiques et maladies rares) semble avoir été de fait abandonné.

Souligner l’importance d’un dépistage précoce est une idée déjà très largement répandue, mais faudrait-il encore préciser l’importance de repérer dès la première année de vie une plateforme de vulnérabilité concernant toute une série d’enfants présentant des difficultés à entrer dans la relation sans être pour autant inscrits dans un devenir autistique obligé.

En dépit d’une attention importante accordée à la question de la scolarisation, il ne faudrait pas négliger le fait qu’en dépit l’objectif louable d’une scolarisation de 100% des enfants autistes en maternelle, une infime partie d’entre eux s’avère non scolarisables en milieu ordinaire et que des dispositifs spécifiques doivent être mis en place à leur intention.

En ce qui concerne les personnes autistes adultes, la CIPPA se félicite de voir qu’une grande partie des propositions énoncées dans son manifeste et lors des concertations, aient pu trouver écho dans ce document avec cependant une insuffisance criante d’ampleur et de moyens.

Enfin, le dernier axe, dédié à l’accompagnement des parents, est évidement essentiel. On regrette toutefois l’ambiguïté de certaines formulations (notamment dans le champ de la recherche) et surtout l’absence complète de référence au concept de liberté de choix des personnes autistes et des familles quant à leur projet de vie et de soin.

Finalement, cette stratégie autisme élude un certain nombre de questions dont la place du sanitaire et du soin psychique dans l’organisation des prises en charge. Une fois de plus l’état désastreux de la pédopsychiatrie ne se trouve pas abordé alors même que c’est cette activité qui se trouve au premier plan du dépistage et de la prise en charge précoce.