Sommaire

Une métaphore pour Pile

État d’esprit de recherche

Concepts essentiels sur la parole

État d’esprit de recherche

 (1)  Nouvel, Pascal, (2000), L'art d'aimer la science, Puf

L'approche de Pascal Nouvel est précieuse et PILE tente de se tenir selon cette ligne de pensée. 

PILE est "une attention passionnée qui se porte sur certains sujets ayant trait à l'élucidation du mécanisme de la nature"(1), en l'occurrence les précurseurs du langage.

Le dispositif de PILE correspond à la définition que donne Pascal Nouvel de l'expérience scientifique : "une expérience psychologique est un affect (éprouver de la joie, de la tristesse…). Mais une expérience au sens scientifique de ce terme est tout autre chose, c'est une observation réalisée à partir d'un dispositif destiné à éprouver une idée."(1)

" c'est celui qui écoute le mieux la vérité des hommes qui découvre le mieux la vérité des choses. Si c'est bien par la psychologie que nous sommes conduits à de pareilles idées, cela signifie sans doute qu'elle est l'élément conducteur des grandes questions, mais cela signifie aussi que les grandes questions ne sont pas elles-mêmes psychologiques. Il faut cependant savoir se fier à la psychologie pour y avoir accès, savoir se laisser porter par elle pour "monter" vers le sens philosophique des problèmes".(1)

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"La science, procède rarement  de la manière logique que lui prêtent les non-initiés" J.D. Watson (1)

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Voici quelques expressions utilisées par Pascal Nouvel pour montrer que la recherche n'est pas forcément un travail mais peut avoir un autre rapport à l'idée de recherche :

" 'prendre soin' de l'idée et la poursuivre dans tous les détails

se maintenir dans la proximité de l'idée

'penser à elle',

sentir tout ce qui irradie en elle." (1)

Les verbes qui décrivent la relation à l'idée ont un parfum de relation amoureuse.

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"Ainsi, c'est la manière dont les chercheurs touchent et abordent leur sujet, les ruses dont ils font preuve dans son traitement, ce qu'il y a de bondissant, d'inattendu et même par certains côtés, d'incroyable dans leur démarche qui rend l'activité des scientifiques intéressante. Ce qu'il y a d'inattendu et d'étonnant dans la recherche paraît ainsi provenir d'hommes qui n'ont que peu d'intérêt pour la méthode, chez qui même peut-être l'idée de méthode fait naître une certaine antipathie". (1)

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"Nous pouvons bien supposer que, du fait du danger où se tient le chercheur en demeurant éloigné d'une méthode nette, le concept pour lui est affect : s'il est lié à ses audaces conceptuelles d'une manière affective, c'est parce que celles-ci, il le sait bien, ne présentent guère la garantie de méthode qui pourrait lui donner quelques sécurités, quelque calme dans sa démarche… Cette excitation de la pensée ne se produisait pas par la suite de la mise en route d'une méthode. Elle correspond  plutôt à l'écoute attentive d'un signe presque musical provenant d'une certaine configuration théorique, d'un certain état du problème." (1)

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"s'intéresser à l'idée simple qui va résoudre une situation complexe : voilà ce que devient la volonté d'avoir raison lorsqu'elle entre concrètement en action." (1)

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Voici des propos très prometteurs lorsque nous regarderons nos films d'interactions précoces :

"Si quelque chose est compris lorsque le regard est placé dans une certaine direction, alors il y  a science. Nous en tirons la caractéristique suivante : la science est l'art de placer le regard dans la direction de ce qui donne à comprendre…Que signifie "ce qui donne à comprendre" ? Réponse : la position du regard forme le "comprendre". Quelque chose n'était pas aperçu avant que le regard ne vienne occuper la position juste. Acquérir (peut-être conquérir) une juste position du regard, tel est le 'comprendre'. " (1)

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La séduction que comporte la solution d'un problème qui a pu paraître difficile constitue une part décisive de ce qui parle en sa faveur. C'est parce qu'une solution particulière déclenche un enthousiasme semblable chez ceux qui en prennent connaissance que la vérité d'une interprétation se propage." (1)

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"On peut envisager de faire une synthèse et ne rien laisser échapper de ce qui est publié jusqu'alors sur la question. "Ceux qui procèdent ainsi s'épargnent la nécessité d'un pari : nécessité d'engager leur investigation sur un ou un petit nombre de points, sans avoir aucun  moyen d'évaluer nettement la valeur stratégique de cette approche particulière.  Une telle synthèse ferait moins avancer le problème qu'une attaque décidée de la question par un de ces bords, aussi inconfortable que puisse être une telle approche du fait du risque que comporte  inévitablement le choix d'un bord."(1)

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"Désirer être la pensée qui, la première, entrevoit la solution d'un grand problème, voilà ce qui forme le fond de la motivation du scientifique, et non pas une volonté de vérité. "(1)

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"Dans la poursuite de la question scientifique, dans l'opération qui consiste à poser justement la question, le savant est guidé par un sens  de l'intensification de la vie, par un sentiment qui le fait tenter d'ouvrir les questions les plus essentielles auxquelles il lui soit permis d'apporter une réponse. Tenir le rang d'une question, œuvrer en faveur d'une hiérarchie de questions, voilà le travail de la volonté d'avoir raison. Par lui se détermine la part d'obstination, d'entêtement que doit pouvoir soutenir le chercheur pour s'engager et progresser dans le problème qu'il s'est choisi, guidé seulement par une intuition de la valeur de la hiérarchie de questions qui est sienne. "(1)

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"Autrement dit, le problème du "voir comme" n'est pas uniquement celui du passage d'une organisation de la vision à une autre mais encore, et peut-être d'avantage, celui de l'acquisition d'une organisation de vision là où rien d'organisé n'était auparavant perçu. Cette assertion se rapporte à la perception en général, mais elle est encore bien plus vraie lorsqu'il s'agit d'imaginer une structure invisible au sujet de laquelle on ne dispose que d'images disloquées….Il faut pour que quelque chose soit saisi, que soit mis fin à la dislocation des apparences, que celles-ci soient organisées et se fassent l'écho d'une pensée. La pensée en se portant dans la vision, l'organise et la rend disponible pour la description. Description qui dès lors, n'est plus celle de l'apparence, mais celle de voir comme de l'apparence. Le "voir comme", un écho de la pensée dans la vision, une interprétation de la vision…Le mot interprétation sert aussi à désigner la manière dont une partition musicale est exécutée par un interprète. "(1)

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"Or si comprendre est un "saisir l'aspect" et un "voir comme", cela signifie qu'il n'y a pas de compréhension neutre, que le mouvement de la pensée n'est pas seulement quelque chose qui peut-être vu comme la saisie interprétative d'une apparence, mais encore qu'il est nécessairement tel, qu'il organise nécessairement la vision selon une certaine interprétation, que toute pensée est saisie dans le mouvement d'un sentiment." (1)

Psynem, Service de pédopsychiatrie de l’hôpital Necker-Enfants malades
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